Advaita-Vedanta (Non-dualità) “La via del cuore”

“Non dualità”, fine dei Veda, la parola fine ha qui un doppio senso di conclusione e di scopo ultimo.

 

via-del… Di solito l’uomo si sente esistere “nella sua testa”, assai più che “nel suo cuore”. Ecco la prima alienazione denunciata dal Vedanta. Bisogna che il sentimento di esistere “scenda dalla testa al cuore”, ma questo cuore non è soltanto il punto di partenza, esso è anche il luogo stesso del cammino proposto dal Vedanta ed è anche ciò che la Brihadaranyaka Upanishad ricorda con la formula limpida : “La verità riposa sul cuore perché è attraverso il cuore che vi si accede”.

Il cuore è il luogo in cui l’uomo trova se stesso nella verità più nuda. Presso colui che non è ancora stato trasformato dal fuoco dell’ascesi, questa verità di base è sempre una forma di sofferenza, e in queste condizioni ritornare al cuore è prima di tutto “scendere nell’inferno”.

E’ dunque a buon diritto che l’io di superficie ha paura di questo ritorno alla verità del cuore, perché questo ritorno lo espone alla risalita improvvisa di un gigantesco potenziale di sofferenza rifiutata che potrebbe sommergerlo, annullando la sua complessa rete di compromessi e di illusioni.

Felice metafora, perché la tradizione vedantica non esita a paragonare questa riserva latente di sofferenza che l’uomo reca dentro di sé ad un vero oceano. Oceano pieno dei nostri desideri inadempiuti e dei nostri odii insoddisfatti, oceano gonfio del flusso di tutte le lacrime che non abbiamo potuto piangere… e sotto quest’angolo l’insegnamento vedantico è volentieri paragonato ad una zattera : esso rende possibile la traversata di questa sofferenza.

A questo livello il cuore si rivela come centro in cui si compie il cammino. Perciò, al di là del brillante gioco della sua dialettica e, nonostante il suo intenso ricorso ad una certa forma di intelligenza, il Vedanta è fondamentalmente “via del cuore”.

(tratto dalla rivista Essere, testo di Yann Le Boucher,  “La via del cuore”)

 

aprire alla luce

La soif de liberté doit être dévorante. Seulement, cela ne s’apprend ni ne s’acquiert, cela surgit de l’investigation de soi-même. Dans cette investigation, s’élève un pré-sentiment. C’est la réalité qui vous interpelle et c’est ce pressentiment qui vous dote d’une extraordinaire ardeur, au point d’en perdre le sommeil. Le pré-sentiment vient de ce qui est pré-senti. C’est le reflet de la vérité. C’est une orientation spontanée qui se produit quand la dispersion se résorbe en un point. L’ego devient plus transparent et dans cette transparence, l’énergie investie sur quantité de sujet se trouve orientée. Ce qui fut important pour moi, ce furent ces moments où, face à moi-même, je me percevais comme non comblé. Ceci me poussa à intensifier mes investigations. Quand vous percevez ce manque directement sans le conceptualiser, c’est un vrai tourment. Ces épreuves vous sortent d’une espèce de confort complaisant de votre mode de vie habituel. L’enseignement pointe directement vers ce qui ne peut s’enseigner. Les mots, les actions sont des béquilles et ce support perd graduellement de sa consistance, jusqu’à ce que vous vous trouviez soudain dans le non-état qui ne peut-être enseigné.

Les vieux schémas de pensée, d’action, d’identification erronée avec le corps avaient perdu leur consistance. Ce fut le passage de la dispersion à l’orientation, un accroissement du prés-sentiment de la vérité. Cela devient une présence de plus en plus forte et de moins en moins un concept. Cette compréhension de l’Etre donna une nouvelle direction à ma vie. Tout était perçu d’une manière nouvelle, je devins plus clairvoyant. Bien que ce changement n’ait pas été le fruit de la volonté, une bonne part de ce qui avait occupé ma vie disparut. Les objets, l’avoir et le devenir avaient perdu leur attrait. Je n’avais fait ni ajout, ni rejet. J’étais seulement devenu conscient d’une clarté et de cette prise de conscience s’ensuivit une transformation spontanée.

Mon maître m’expliqua que cette clarté qui semblait avoir une raison extérieure était réellement une lumière reflétée par le Soi. Dans mes méditations, j’étais visité par cette lumière, attirée par elle, et cela me donna une autre compréhension de mes actions, de mes pensées et de mes perceptions. Mon écoute devient libre de projection. Cette écoute non-orientée me rendit réceptif, alerte, en dehors de toute anticipation.

Un changement complet survient un soir, sur Marine Drive à Bombay. Je regardais les oiseaux et soudain, je fus entièrement saisi par eux, comme si tout cela se passait en moi. J’eu réellement connaissance, conscience de moi-même. Le matin suivant, face à la variété de la vie quotidienne, je sus que ma compréhension de l’Etre était une réalité. La vie coulait sans interférence de l’ego. Je me trouvais dans une paix incomparable. Toute séparation entre vous et moi disparut dans l’Unité. Je me connus dans l’immédiat de l’instant présent, dans une liberté, plénitude, une joie pure. Je ressentais une totale gratitude et non un sentiment traversé d’affectivité. Mon maître m’avait donné la compréhension de la vérité, j’en vivais la lumineuse réalité.

Jean Klein (1912-1998). Maître de Non-dualité. France. Hommage.

Extraits de L’insondable silence – Éditions Les Deux Océans.