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Annick de Souzenelle

Quel est selon vous le cœur de la problématique écologique ?

Une perte totale du monde céleste, du monde divin. L’Homme est comme un arbre. Il prend ses racines dans la terre, et ses racines dans l’air, la lumière. Il a des racines terrestres et des racines célestes. L’Homme ne peut pas faire l’économie de ces deux pôles. Jusqu’à récemment, il a vécu ses racines terrestres dans des catégories de force, car il ne connaissait que la « lutte contre » quelque ennemi que ce soit (intempéries, animaux, autres humains…). Il ne sait que « lutter contre » car il est dans une logique binaire. À partir de la fin de la dernière guerre, à partir des années 1950 et 1960 en particulier, il y a eu un renversement de la vapeur. On a envoyé promener le monde religieux, qui n’apportait que des obligations, des « tu dois », des menaces de punition de la part du ciel, c’était un Dieu insupportable. Nietzsche a parlé de la mort de Dieu. Merci, que ce dieu-là meure ! Mais on n’a pas été plus loin dans la recherche. Aujourd’hui, ce qu’il se passe, c’est qu’il y a un mouvement fondamental, une lame de fond qui est en train de saisir l’humanité, le cosmos tout entier, pour que l’humanité se retourne, dans une mutation qui va avoir lieu, qui ne peut plus ne pas avoir lieu, pour qu’elle retrouve ses vraies racines divines, qui sont là.

Comme si la crise avait un sens au niveau du chemin de l’Homme ?

C’est LE sens de l’Homme. Toute l’écologie est très importante, mais elle ne peut se faire que s’il y a une écologie intérieure de l’Homme. C’est le passage de l’Homme animal à l’Homme qui se retourne vers ses racines divines. Cela ne veut pas dire que ses racines terrestres disparaissent, mais qu’il retrouve ses racines célestes.

« Je respecte beaucoup les efforts actuellement déployés, mais ils sont très minimes par rapport à ce qui se joue. »
Ne peut-il pas y avoir une écologie sans spiritualité ?

Il s’agit désormais de « lutter avec ». Je suis très respectueuse des actions qui sont faites dans le sens de l’équilibre écologique, et je pense qu’il faut les faire mais c’est une goutte d’eau dans une mer immense. Un raz-de-marée va se produire, des eaux d’en haut [le monde divin] peut-être, ou des eaux d’en bas, peut-être les deux en même temps !

Je respecte beaucoup les efforts actuellement déployés, mais ils sont très minimes par rapport à ce qui se joue. S’il n’y a pas en même temps que cette lame de fond un travail spirituel, cela ne suffira pas. J’espère que ce n’est pas trop difficile à entendre quand je parle ainsi, mais il me faut le dire. On ne peut pas séparer l’intérieur de l’extérieur.

Comment voir le corps dans cette perspective ?

Le corps de l’Homme est inséparable du corps du cosmos. Ce sont les deux pôles d’une même réalité. Nous ne connaissons de notre corps que ce qui est étudié en médecine, en faculté. Mais notre corps physique n’est que l’expression qu’un corps divin, profond, ontologique, et c’est celui-ci qui est malade. Lorsque l’on veut traiter un malade, la médecine officielle ne traite que l’extérieur, le côté concret. Elle est en train en ce moment d’éradiquer l’homéopathie, qui travaille au contraire sur la cause profonde, car quand un organe est malade, c’est qu’il y a un court-circuit dans la cause profonde, dans l’organe ontologique de l’Homme, dont l’organe que nous connaissons n’est que l’expression. Si l’on ne va pas toucher à ce très subtil, il n’est pas suffisant de travailler sur la seule dimension extérieure.

Il arrive que des personnes racontent leur traversée de la maladie comme une initiation. Toute épreuve peut être la source d’une évolution énorme. L’épreuve n’est pas la même chose que la souffrance.

Cela peut-il qualifier ce que la Terre vit actuellement ?

Nous l’avons rendue malade, oui. Nous avons détourné les cours d’eau, trafiqué des éléments naturels. On trafique la Terre comme si elle était une chose. On n’a plus aucune conscience qu’elle est ce corps divin de l’Homme. Le traitement qu’on fait aux arbres, à toute la culture, est diabolique dans le sens que cela « sépare ».

La surconsommation matérielle, le capitalisme, sont-ils l’expression d’une conscience qui s’est « séparée » ?

Tout à fait. Toute idéologie qui n’est pas reliée au verbe fondateur devient la peste. C’est la cinquième plaie d’Égypte. Toutes nos idéologies politiques, philosophiques, financières ne réfèrent absolument pas au verbe divin, si bien qu’elles sont vouées à l’échec. Soljenitsyne l’avait bien vu, en disant qu’il quittait une folie (l’URSS) pour en trouver une autre aux États-Unis. Tout cela doit disparaître. Tous nos politiciens sont perdus à l’heure actuelle, qu’ils soient de droite, de gauche, du milieu, de tout ce que l’on veut… Ils mettent une rustine ici, une rustine là, ils ne peuvent pas résoudre les problèmes. Parce que l’Homme a déclenché des problèmes qui ne seront solubles que par un retournement radical de son être vers les valeurs divines.

Les religions elles-mêmes, telles qu’elles sont aujourd’hui, sont vouées à une profonde mutation. Ce qui va émerger de tout cela est une conscience totalement nouvelle, d’un divin qui sera intimement lié à l’humain, qui ne viendra pas d’une volonté d’ailleurs, mais d’une présence intérieure.

Puisque selon vous le cosmos extérieur représente le cosmos intérieur, l’endroit du chemin écologique peut-il devenir un chemin spirituel ?

On ne peut pas entrer dans l’intelligence du cosmos extérieur sans entrer dans l’intelligence du cosmos intérieur. Ce n’est non plus la seule voie. Je peux aussi dire le contraire : ça peut être quelqu’un qui découvre son cosmos intérieur, et par conséquent qui va se consacrer au cosmos extérieur. On ne peut pas vivre quelque chose d’intense intérieurement sans se trouver relié au monde extérieur… Quand je suis dans mon jardin, je vois les arbres, les plantes, les oiseaux, comme des anges, qui sont là, vivants, qui respirent avec moi, qui m’appellent… Combien de fois le chant des oiseaux est mon chant…

« Nous vivons une très grande épreuve, la peur règne, mais cela peut être, pour ceux qui le comprennent, un chemin initiatique magnifique. »
Des personnes qui se disent athées mais qui sont très reliées au monde, sont-elles aussi sur un chemin spirituel ?

Oui, nombreux sont ceux qui se disent athées parce qu’ils rejettent le dieu des églises… mais ressentent cette unité avec la nature. Le grand sujet aujourd’hui est de sortir de l’esclavage au collectif très inconscient, pour entrer, chacun et chacune, dans sa personne, dans l’expérience personnelle. On est à cet endroit de chavirement total de l’humanité.

Nous vivons une très grande épreuve, la peur règne, mais cela peut être, pour ceux qui le comprennent, un chemin initiatique magnifique.

Nous sommes dans un moment unique de l’humanité, extrêmement important, le passage de l’Homme animal à l’Homme qui se souvient de ses racines divines. Il y a un grand espoir.

L’espoir, donc, ne se situe pas seulement dans l’espoir que la crise s’arrête, mais dans l’espoir que l’Homme change à travers cette crise ?

Exactement. C’est une mutation de l’humanité. Aujourd’hui on a terriblement peur de la mort, on veut reculer la mort. Or, il faut accepter la mort, elle est une mutation. J’ai une grande confiance. C’est impressionnant, mais on n’a pas à avoir peur. La peur est un animal qui nous dévore. De cette énergie animale, nous avons à faire de l’amour.

Propos recueillis par Juliette Kempf

L’écologie extérieure est insèparable de l’ècologie intèrieure (Annick de Souzenelle) Ass.Reporterre

La crise écologique est intrinsèquement liée à la transgression des lois ontologiques, assure la théologienne Annick de Souzenelle. Sans travail spirituel, pour retrouver et harmoniser racines terrestres et racines célestes de l’humain, il serait impossible de la stopper.

Après des études de mathématiques, Annick de Souzenelle, née en 1922, a été infirmière anesthésiste, puis psychothérapeute. Elle s’est convertie au christianisme orthodoxe et a étudié la théologie et l’hébreu. Elle poursuit depuis une trentaine d’années un chemin spirituel d’essence judéo-chrétienne, ouvert aux autres traditions. Elle a créé en 2016 l’association Arigah pour assurer la transmission de son travail et animer l’Institut d’anthropologie spirituelle.


Reporterre — Vous étudiez la Bible depuis plus de cinquante ans. Quel est le sens de ce travail ?

Annick de Souzenelle — Ce qui résume tout, c’est que j’ai un jour mis le nez dans la Bible hébraïque, et j’y ai lu toute autre chose que ce que disaient les traductions habituelles. Elles sont très culpabilisantes et je sentais que ce n’était pas juste.

J’ai été émerveillée par la Bible hébraïque : je me suis consacrée à écrire ce que je découvrais — des découvertes qui libèrent du poids de la culpabilisation qui a abîmé tant de générations… À partir de là, j’ai réécrit une traduction des premiers chapitres de la Bible [la Genèse], de l’histoire de l’Adam que nous sommes, Adam représentant non pas l’homme par rapport à la femme, mais l’être humain, et de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

Un voile est en train de se lever sur les écritures, et cela se passe aussi avec le sanskrit, le chinois, d’autres personnes y travaillent… Il se passe quelque chose à l’heure actuelle, il faut aller plus loin dans la compréhension de l’humain, de l’Adam…

Les traductions les plus courantes de la Genèse décrivent la domination de la Terre et des espèces animales par l’Homme, et une supériorité de l’homme sur la femme… Avec votre exégèse, que peut-on entendre ?

À partir du déchiffrement symbolique de l’hébreu, on peut entendre ceci : lorsque l’Adam [l’être humain] est créé, il est différencié de son intériorité, que nous appelons aujourd’hui l’inconscient, et cet inconscient est appelé Ishah, en hébreu. Nous avons fait de Ishah la femme biologique d’Adam, qui, lui, serait l’homme biologique. Dans ma lecture, il s’agit du « féminin intérieur » à tout être humain, qui n’a rien à voir avec la femme biologique. Il s’agit de l’être humain qui découvre l’autre côté [et non la côte] de lui-même, sa part inconsciente, qui est un potentiel infini d’énergies appelées « énergies animales ». Elles sont en chacun de nous. On en retrouve le symbole au Moyen-Âge, dans les représentations sculpturales : le lion de la vanité, de l’autoritarisme, la vipère de la médisance, toutes ces caractéristiques animales extrêmement intéressantes qui renvoient à des parties de nous, que nous avons à transformer. La Bible ne parle pas du tout des animaux extérieurs, biologiques, que nous avons à aimer, à protéger. Elle parle de cette richesse d’énergie fantastique à l’intérieur de l’Homme qui, lorsqu’elle n’est pas travaillée, est plus forte que lui, et lui fait faire toutes les bêtises possibles. Ce n’est alors plus lui qui décide, qui « gouverne » en lui-même.

Il est extrêmement important de bien comprendre que cet Adam que nous sommes a en lui un potentiel qui est appelé « féminin » — que l’on va retrouver dans le mythe de la boîte de Pandore chez les Grecs et dans d’autres cultures — et que ce potentiel est d’une très grande richesse à condition que nous le connaissions, que ce ne soit plus lui qui soit le maître, mais que chaque animal soit nommé et transformé.

« L’extérieur est aussi l’expression de ce qui est à l’intérieur de l’Homme. »

Dans la Bible, tous les éléments, les règnes végétaux et minéraux sont très présents. Quelle est dans votre lecture la relation entre l’Homme et le cosmos ? Est-ce que cela décrit aussi le « cosmos intérieur » de l’Homme ?

L’extérieur est aussi l’expression de ce qui est à l’intérieur de l’Homme. Le monde animal, le monde végétal et le monde minéral sont trois étapes des mondes angéliques qui sont à l’extérieur comme à l’intérieur de nous. L’intérieur et l’extérieur sont les deux pôles d’une même réalité. Il y a dans la Bible un très beau mythe où Jacob, en songe, a la vision d’une échelle sur laquelle les anges montent et descendent. L’échelle est véritablement le parcours que nous avons à faire dans notre vie présente, de ce que nous sommes au départ vers ce que nous devrions devenir. Nous avons à traverser les mondes angéliques, c’est-à-dire à les intégrer. Mais tout d’abord, à nous verticaliser.

Ce chemin « vertical », qu’implique-t-il dans notre rapport au monde ?

C’est tout simple : cultiver ce cosmos extérieur. Ce que nous faisons à l’extérieur a sa répercussion à l’intérieur, et vice versa, donc il est extrêmement important de cultiver ensemble le monde animal extérieur et le monde animal intérieur, et de la même manière en ce qui concerne les mondes végétaux et minéraux.

C’est-à-dire d’en prendre soin, de les faire grandir, de les enrichir ?

Oui, nous en sommes totalement responsables. La façon dont nous traitons ce monde à l’intérieur de nous va se répercuter à l’extérieur. Or, à l’intérieur de nous, nous sommes en train de tout fausser, nous n’obéissons plus aux lois qui fondent la Création. Je ne parle pas des lois morales, civiques, religieuses. Je parle des lois qui fondent le monde, que je compare au mur de soutènement d’une maison. On peut abattre toutes les cloisons d’une maison, mais pas le mur de soutènement. À l’heure actuelle, c’est ce que nous faisons. Nous transgressons les lois ontologiques [du grec ontos = être]. Elles aussi sont dites dans la Bible et on n’a pas su les lire. Nous détruisons ce monde à l’intérieur de nous comme nous sommes en train de détruire la planète. Il est difficile d’entrer dans le détail de ces lois ici, mais j’ai essayé d’exprimer cette idée dans mon livre L’Égypte intérieure ou les dix plaies de l’âme. Avant que les Hébreux quittent leur esclavage en Égypte pour partir à la recherche de la Terre promise, une série de plaies s’est abattue sur l’Égypte. Chacune de ces plaies renvoie à une loi ontologique transgressée.

« À l’heure actuelle, la Terre tremble. »

Les plaies d’Égypte font penser aux catastrophes naturelles que l’on vit aujourd’hui !

Oui, à l’heure actuelle, la Terre tremble. Cela fait quelques années que les choses tremblent de partout. Nous sommes dans les plaies d’Égypte. Nous allons faire une très belle Pâque [la fête, dans la liturgie juive, commémorant la sortie d’Égypte], une mutation importante va se jouer. Mais, actuellement, nous sommes dans les plaies d’Égypte, et on ne sait pas les lire. Nous vivons une période de chaos, prénatal, je l’espère.

Est-ce dû au fait que l’Homme ne fait plus le travail intérieur ?

Oui, exactement. Mais depuis quelque temps, ce n’est pas seulement qu’il ne fait pas le travail intérieur. C’est qu’il fait un travail contraire aux lois de la Création. On est dans le contraire de ces lois ontologiques, alors le monde tremble.

« Tout a changé après la guerre. »

Vous-mêmes, dans votre vie, avez-vous vu les choses s’empirer ?

J’ai pratiquement parcouru le siècle ! Je me souviens très bien du monde de mon enfance, des années 1920. C’était un monde figé, totalement incarcéré dans un moralisme religieux bête et insupportable. Il n’était pas question d’en sortir, et ceux qui le faisaient étaient mis au ban de la société. Je me suis très vite sentie marginalisée. Puis la guerre est venue casser tout ça. Tout a changé après la guerre. Les jeunes des années 1960 ont envoyé promener la société d’avant, avec le fameux « Il est interdit d’interdire » qui résume tout, seulement ça allait trop loin. Le « sans limite » est aussi destructeur que les limites trop étroites.

La crise écologique est beaucoup reliée à l’absence de limite au niveau de la production, de la consommation, de l’utilisation de nos ressources. Comment cela s’est-il développé après la guerre ?

L’humanité inconsciente est dans le réactionnel. Elle était complètement brimée d’un côté. En s’échappant de cette contention, elle a explosé. Elle ne sait pas trouver la juste attitude. On va à l’extrême, parce qu’on ignore les lois qui structurent. Nous avons l’habitude d’associer le mot « loi  » à l’idée de contrainte, mais les lois ontologiques, au contraire, libèrent.

Les bouleversements environnementaux n’existaient pas durant votre enfance ?

On n’en parlait pas. Chacun avait son lopin de terre. Dans les années 1970, 1980, on a commencé à en parler. Au moment même où j’ai commencé mon travail intense.

Quel est selon vous le cœur de la problématique écologique ?

Une perte totale du monde céleste, du monde divin. L’Homme est comme un arbre. Il prend ses racines dans la terre, et ses racines dans l’air, la lumière. Il a des racines terrestres et des racines célestes. L’Homme ne peut pas faire l’économie de ces deux pôles. Jusqu’à récemment, il a vécu ses racines terrestres dans des catégories de force, car il ne connaissait que la « lutte contre » quelque ennemi que ce soit (intempéries, animaux, autres humains…). Il ne sait que « lutter contre » car il est dans une logique binaire. À partir de la fin de la dernière guerre, à partir des années 1950 et 1960 en particulier, il y a eu un renversement de la vapeur. On a envoyé promener le monde religieux, qui n’apportait que des obligations, des « tu dois », des menaces de punition de la part du ciel, c’était un Dieu insupportable. Nietzsche a parlé de la mort de Dieu. Merci, que ce dieu-là meure ! Mais on n’a pas été plus loin dans la recherche. Aujourd’hui, ce qu’il se passe, c’est qu’il y a un mouvement fondamental, une lame de fond qui est en train de saisir l’humanité, le cosmos tout entier, pour que l’humanité se retourne, dans une mutation qui va avoir lieu, qui ne peut plus ne pas avoir lieu, pour qu’elle retrouve ses vraies racines divines, qui sont là.

Comme si la crise avait un sens au niveau du chemin de l’Homme ?

C’est LE sens de l’Homme. Toute l’écologie est très importante, mais elle ne peut se faire que s’il y a une écologie intérieure de l’Homme. C’est le passage de l’Homme animal à l’Homme qui se retourne vers ses racines divines. Cela ne veut pas dire que ses racines terrestres disparaissent, mais qu’il retrouve ses racines célestes.

« Je respecte beaucoup les efforts actuellement déployés, mais ils sont très minimes par rapport à ce qui se joue. »

Ne peut-il pas y avoir une écologie sans spiritualité ?

Il s’agit désormais de « lutter avec ». Je suis très respectueuse des actions qui sont faites dans le sens de l’équilibre écologique, et je pense qu’il faut les faire mais c’est une goutte d’eau dans une mer immense. Un raz-de-marée va se produire, des eaux d’en haut [le monde divin] peut-être, ou des eaux d’en bas, peut-être les deux en même temps !

Je respecte beaucoup les efforts actuellement déployés, mais ils sont très minimes par rapport à ce qui se joue. S’il n’y a pas en même temps que cette lame de fond un travail spirituel, cela ne suffira pas. J’espère que ce n’est pas trop difficile à entendre quand je parle ainsi, mais il me faut le dire. On ne peut pas séparer l’intérieur de l’extérieur.

Comment voir le corps dans cette perspective ?

Le corps de l’Homme est inséparable du corps du cosmos. Ce sont les deux pôles d’une même réalité. Nous ne connaissons de notre corps que ce qui est étudié en médecine, en faculté. Mais notre corps physique n’est que l’expression qu’un corps divin, profond, ontologique, et c’est celui-ci qui est malade. Lorsque l’on veut traiter un malade, la médecine officielle ne traite que l’extérieur, le côté concret. Elle est en train en ce moment d’éradiquer l’homéopathie, qui travaille au contraire sur la cause profonde, car quand un organe est malade, c’est qu’il y a un court-circuit dans la cause profonde, dans l’organe ontologique de l’Homme, dont l’organe que nous connaissons n’est que l’expression. Si l’on ne va pas toucher à ce très subtil, il n’est pas suffisant de travailler sur la seule dimension extérieure.

Il arrive que des personnes racontent leur traversée de la maladie comme une initiation. Toute épreuve peut être la source d’une évolution énorme. L’épreuve n’est pas la même chose que la souffrance.

Cela peut-il qualifier ce que la Terre vit actuellement ?

Nous l’avons rendue malade, oui. Nous avons détourné les cours d’eau, trafiqué des éléments naturels. On trafique la Terre comme si elle était une chose. On n’a plus aucune conscience qu’elle est ce corps divin de l’Homme. Le traitement qu’on fait aux arbres, à toute la culture, est diabolique dans le sens que cela « sépare ».

La surconsommation matérielle, le capitalisme, sont-ils l’expression d’une conscience qui s’est « séparée » ?

Tout à fait. Toute idéologie qui n’est pas reliée au verbe fondateur devient la peste. C’est la cinquième plaie d’Égypte. Toutes nos idéologies politiques, philosophiques, financières ne réfèrent absolument pas au verbe divin, si bien qu’elles sont vouées à l’échec. Soljenitsyne l’avait bien vu, en disant qu’il quittait une folie (l’URSS) pour en trouver une autre aux États-Unis. Tout cela doit disparaître. Tous nos politiciens sont perdus à l’heure actuelle, qu’ils soient de droite, de gauche, du milieu, de tout ce que l’on veut… Ils mettent une rustine ici, une rustine là, ils ne peuvent pas résoudre les problèmes. Parce que l’Homme a déclenché des problèmes qui ne seront solubles que par un retournement radical de son être vers les valeurs divines.

Les religions elles-mêmes, telles qu’elles sont aujourd’hui, sont vouées à une profonde mutation. Ce qui va émerger de tout cela est une conscience totalement nouvelle, d’un divin qui sera intimement lié à l’humain, qui ne viendra pas d’une volonté d’ailleurs, mais d’une présence intérieure.

Puisque selon vous le cosmos extérieur représente le cosmos intérieur, l’endroit du chemin écologique peut-il devenir un chemin spirituel ?

On ne peut pas entrer dans l’intelligence du cosmos extérieur sans entrer dans l’intelligence du cosmos intérieur. Ce n’est non plus la seule voie. Je peux aussi dire le contraire : ça peut être quelqu’un qui découvre son cosmos intérieur, et par conséquent qui va se consacrer au cosmos extérieur. On ne peut pas vivre quelque chose d’intense intérieurement sans se trouver relié au monde extérieur… Quand je suis dans mon jardin, je vois les arbres, les plantes, les oiseaux, comme des anges, qui sont là, vivants, qui respirent avec moi, qui m’appellent… Combien de fois le chant des oiseaux est mon chant…

« Nous vivons une très grande épreuve, la peur règne, mais cela peut être, pour ceux qui le comprennent, un chemin initiatique magnifique. »

Des personnes qui se disent athées mais qui sont très reliées au monde, sont-elles aussi sur un chemin spirituel ?

Oui, nombreux sont ceux qui se disent athées parce qu’ils rejettent le dieu des églises… mais ressentent cette unité avec la nature. Le grand sujet aujourd’hui est de sortir de l’esclavage au collectif très inconscient, pour entrer, chacun et chacune, dans sa personne, dans l’expérience personnelle. On est à cet endroit de chavirement total de l’humanité.

Nous vivons une très grande épreuve, la peur règne, mais cela peut être, pour ceux qui le comprennent, un chemin initiatique magnifique.

Nous sommes dans un moment unique de l’humanité, extrêmement important, le passage de l’Homme animal à l’Homme qui se souvient de ses racines divines. Il y a un grand espoir.

L’espoir, donc, ne se situe pas seulement dans l’espoir que la crise s’arrête, mais dans l’espoir que l’Homme change à travers cette crise ?

Exactement. C’est une mutation de l’humanité. Aujourd’hui on a terriblement peur de la mort, on veut reculer la mort. Or, il faut accepter la mort, elle est une mutation. J’ai une grande confiance. C’est impressionnant, mais on n’a pas à avoir peur. La peur est un animal qui nous dévore. De cette énergie animale, nous avons à faire de l’amour.

  • Propos recueillis par Juliette Kempf

En ces temps de crise environnementale…

… le journalisme indépendant est plus que nécessaire. Reporterre est un journal géré par une association à but non lucratif, et emploie une équipe de journalistes professionnels. Chaque jour, nous publions des articles, des enquêtes et des reportages qui visent à informer et à alerter sur la crise écologique et sociale en cours. Contrairement à de nombreux médias, le journal n’a pas d’actionnaires et n’affiche pas de publicités. Cela nous permet d’être totalement indépendants. Personne ne dicte notre ligne éditoriale, et nous sommes insensibles aux pressions. Nous ne servons aucun intérêt, si ce n’est celui d’informer. Tous nos articles sont en libre accès, car nous considérons que l’information environnementale et sociale doit être accessible à tous sans conditions de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale est une partie de la solution.

Il cuore sacro del trauma – Jeff Foster

sera

A volte le cose non accadono nel modo in cui lo vorremmo: muore una persona amata. Arriva il risultato inaspettato di un test. Una relazione crolla in un modo che non avremmo potuto prevedere. Un’infezione ritorna. Un caso si dissolve in un giorno. Un attacco arriva dal nulla, distruggendo un corpo o un sogno, o entrambi. Una cosa che sembrava molto solida, reale e affidabile ieri, risulta esserlo molto meno di quanto sembrasse.
La promessa cosmica è stata infranta?
In un attimo tutte le difese prodotte dalla nostra mente si sgretolano. Torniamo ad essere neonati, non siamo più invulnerabili, non siamo più insensibili agli orrori e alle glorie sconvolgenti della creazione. Siamo confrontati alla nostra impotenza di fronte all’immensità del cosmo, nudi senza la protezione dell’ego. In un istante, tocchiamo e siamo toccati dal mistero insondabile che sta alla base di tutte le cose e le penetra.

A volte l’impermanenza irrompe attraverso le fessure della nostra realtà obsoleta e la pura instabilità della nostra esistenza, l’incontrollabilità degli eventi, l’imprevedibilità del nostro mondo emozionale, diventano evidenti una volta di più.
I nostri occhi sono aperti. Gli antichi insegnamenti tornano in vita.
Ciò che nasce deve morire. Quello che è, presto scomparirà. Il terreno sul quale ci troviamo si può spalancare in qualsiasi momento.
Non abbiamo davvero alcuna presa da nessuna parte.
Cos’è reale?
Di cosa possiamo fidarci in questa vita?
Perché vale la pena vivere?

E indietreggiamo. Tutto questo é troppo, l’ immensità dell’esperienza, questo formidabile mistero.
Veloci! torniamo alla normale e vecchia sicurezza.
Veloci, aggrappiamoci a qualcosa di solido, qualcosa di gestibile, qualcosa di tangibile.
Miglioriamo qualcosa. Andiamo a cercare qualcosa. Controlliamo qualcosa. Afferriamo qualcosa. Proviamo ad ottenere una risposta. Prendiamo un rimedio. Risolviamo tutto questo. Lasciamoci distrarre – dalle droghe, dalla religione, dai luoghi comuni, da sempre più esperienze.
Accendiamo la televisione. Andiamo al supermercato. Facciamo un giochino sul nostro telefono. Nascondiamoci. Nascondiamoci. Nascondiamoci.

Invece di affrontare il terrore in agguato nelle profondità inesplorate, fissiamo ancora una volta i nostri occhi su superfici brillanti. Ci chiudiamo davanti al grande terrore di un’ esistenza incontrollabile, concentrandoci sulle cose della vita su cui pensiamo di avere un certo controllo.
Cerchiamo di arginare il nostro dolore e tornare alla normalità, di tornare al lavoro, tornare al conosciuto, tornare alla “realtà”.
Però, la normalità è il problema, non la soluzione.

La vecchia, “normale” realtà era troppo piccola per noi. La vita, nella sua intelligenza infinita, stava solo cercando di spezzarci per aprirci. Eravamo diventati troppo piccoli per noi stessi, troppo limitati, troppo insensibili, troppo preoccupati nella ricerca di un proprio valore nelle cose esteriori, intrappolati nelle nostre storie, confortati dal sonno trovato nel comfort e nella prevedibilità. Avevamo abbandonato il nostro potere e ci siamo fidati delle forme e delle forze esterne. Nella nostra ricerca del positivo, avevamo seppellito tutto ciò che consideravamo negativo – il dolore, i dispiaceri, i desideri, le paure, i terrori, i terribili paradossi, i dubbi insoluti. Queste energie molto naturali le avevamo rimosse nel profondo per poter funzionare, per essere produttivi, per rendere i nostri genitori orgogliosi, per essere amati, per ottenere ricompense ed essere “adattati”.
Pensavamo di essere felici. Tuttavia, la nostra felicità era così contingente, così fragile, la nostra gioia così dipendente e la nostra soddisfazione così superficiale! Era il tipo di contentezza che poteva essere distrutta in qualsiasi momento. Ed è stata distrutta, perché la vita cerca solo la pienezza.

Siamo allora chiamati a mettere in discussione tutto. Tutto. Forse la nostra attuale delusione e la nostra sofferenza non sono un ostacolo ma una via d’accesso alla guarigione.
Forse il nostro dolore non è un errore ma un portale.
Forse la nostra rabbia nasconde un percorso. Forse i nostri desideri più profondi non sono difetti, ma parti di noi stessi che vogliono solo essere riconosciute.
Ferite aperte per essere guarite, osservate, bagnate, immerse in un’attenzione amorevole.

Nessuna esperienza è intrinsecamente traumatica; nessuna esperienza è veramente impossibile da gestire o insopportabile per la coscienza; ma a volte possono liberare in noi energie vulcaniche che abbiamo represso, respinto, rifiutato di integrare, nella nostra fretta di voler essere un “io” coerente, solido e normale. Nel tentativo di assemblare, in realtà abbiamo scisso, l’ io buono” contro l’io cattivo”.
E ora la vita ci è venuta in aiuto con il suo amore per la pienezza. I terrori, le collere, la confusione e le gioie insondabili che non siamo mai stati in grado di sopportare, ora tornano liberamente a ballare in noi! Alleluia! L’esterno doveva sgretolarsi; siamo di nuovo in contatto con l’interno!
È un invito a rimanere scoperti, senza controllo, senza soluzioni ancora per un po’ , ad essere, oggi, un po ‘più incoerenti, un po’ più caotici. C’è una dignità nel crollare, nel vivere un po ‘di più il nostro io pazzo, sbilanciato, senza filtri, senza censure, non controllato. Saluta tutte quelle vecchie energie che stanno sorgendo in te.
La tua sofferenza non è un errore, né una punizione e, alla fine, non è nemmeno tua.
Tutti soffriamo. Tutti noi sperimentiamo la perdita, e tutti ci chiediamo perché. Siamo collegati a tutta l’umanità nel nostro dolore. La nostra sofferenza è il nostro rito di passaggio, e molti altri hanno fatto questo viaggio. Molti altri hanno amato e perduto, aspettato e visto crollare le loro aspettative. Noi camminiamo sulle orme dei nostri antenati. Il terreno è ancora stranamente familiare.

Siamo solo invitati ad amare noi stessi con ancora più forza, a connetterci più profondamente alla nostra respirazione, a
sentire una sorta di compassione per gli altri e per noi stessi che non avremmo mai sentito se tutto avesse continuato ad “andare nel nostro senso”.
In realtà, che senso ?
E perché ci aspettavamo che tutto continuasse nel nostro senso, in un mondo imprevedibile, impermanente o in continua evoluzione?
Può un’onda controllare l’immensità dell’oceano? Avevamo perso la nostra umiltà, il nostro senso delle proporzioni?
Se possiamo toccare i nostri dolori, possiamo toccare i dolori di tutta l’umanità.
Qui non si tratta di crogiolarsi nel dolore, è un risveglio, l’apertura degli occhi, la nascita di una vera compassione.

Permettiamo anche ai nostri dolori più profondi di ricordarci il prezioso valore di ogni momento della vita.
Lasciamo la vita spezzarci il cuore e aprirlo alla Verità.
Tutto brucia.
Sapevamo troppo, ora sappiamo di meno, e questa non è una perdita, ma la nascita della nostra libertà.

E c’è qualcosa in noi che non è mai traumatizzato, qualcosa che è sempre presente e degno di fiducia, qualcosa di indistruttibile, qualcosa che sopravvive anche alle sensazioni più intense, qualcosa che guarda e libera i traumi proprio come il cuore pompa il suo sangue …

Jeff Foster

Il decalogo del Risveglio – di Jeff Foster

vestgar
artist – Kristin Vestgard

Il risveglio spirituale non è uno stato, un’esperienza o un obiettivo da raggiungere in futuro. Come il Buddha ha insegnato, non è un sovrumano risultato o un conseguimento, il risveglio non è una destinazione – è il tuo diritto di nascita, la tua natura. Ecco alcuni semplici principi:

 

1) NON C’E’ DESTINAZIONE – C’E’ SOLO L’ORA

C’è solo QUESTO; la scena presente nel film della tua esistenza. Esci dall’epico racconto di tempo e spazio, passato e futuro, rimpianto e anticipazione, e della ricerca di diversi stati di esperienza, e anche dalla ricerca dell’illuminazione. Rilassa la tua concentrazione all’abituale “cosa è andato perduto”, “cosa non è ancora qui” – cose che non puoi controllare dal luogo in cui sei. Esci dalla storia della “mia vita” e permetti a te stesso di lasciarti affascinare da ciò che è vivo, qui, ora. Sii curioso al riguardo di questa vera danza di pensieri, sensazioni, emozioni e impulsi che accadono dove sei. Ricorda, l’ADESSO è l’unico luogo da cui le vere risposte possono eventualmente emergere. Il momento presente è la tua vera casa, prima di tempo e spazio. È tutto ciò che c’è; la calma nel mezzo della tempesta.

2) PENSARE E RESISTERE CREANO SOFFERENZA

La sofferenza non è il vero problema; il vero problema è il nostro pensare alla sofferenza, o la resistenza al disagio, i nostri tentativi di fuggire da tutto questo e raggiungere un futuro immaginato. Il vero problema comincia quando cominciamo a rimuginare sui nostri dolori, sulla nostra tristezza, la nostra paura, la rabbia; meditare sul nostro disagio, mandare continuamente avanti o indietro il film della nostra vita! Mastichiamo dolori di ieri e di oggi invece di esplorare direttamente e vivere le esperienze che sono arrivate oggi così come sono arrivate. Aggiungiamo un inutile strato rimuginando e resistendo alla vita ed è questo che crea sofferenza. L’invito? Esci dal passato e dal futuro, cerca e aspira, incontra la vita per come è, ora, senza giudizio e senza l’aspettativa che la “pace” e il “rilassamento”, l’illuminazione o qualunque altro tipo di cambiamento diano un risultato. Incontra il momento nel suo stesso terreno. Guarda a tutto questo come ad un regalo. Mostrati sia al gradevole che allo sgradevole, al piacevole e al doloroso, senza un’agenda prefissata.

3) I PENSIERI E LE SENSAZIONI NON SONO PERSONALI E NON SONO LA VERITA’

Guarda ai pensieri e alle sensazioni come ad eventi impersonali nella consapevolezza. Proprio come i suoni che udiamo, i pensieri e le sensazioni fisiche arrivano e scompaiono spontaneamente, come onde nell’oceano di Te. Non possono essere controllati, cancellati e non se ne può fuggire. Coltiva verso i pensieri e le sensazioni la stessa modalità gentile che hai verso i suoni. Incontra tutti i pensieri e le sensazioni con un’attitudine di gentilezza e curiosità. Guardali e accoglili nella tua presenza.

4) TU SEI LO SPAZIO PER I PENSIERI, NON IL PENSATORE

I pensieri non sono te, e non sono la verità; sono solo suggerimenti, possibilità, rumori, pubblicità, giudizi, voci, immagini, ritorni al passato o viaggi nel futuro che arrivano e scompaiono, nuvole nella vastità del tuo cielo. Non provare a fermarli, azzittirli, cacciarli, cancellarli o controllarli. Sii lo spazio per essi, anche se sono attivi ora! Ricorda, se noti i pensieri, se ne sei conscio, non ne sei intrappolato. Non ti definiscono. Tu sei il loro contenitore silenzioso, non colui che ne è contenuto. Sii ciò che sei- l’abbraccio immutabile dei pensieri, la vastità in cui i pensieri possono arrivare e dissolversi e andare quando vogliono.

5) RESPIRA NEL TUO DISAGIO E NEL TUO DOLORE, ONORALI

Respira nelle tue sensazioni sgradevoli; dona loro dignità. Onorale invece di chiuderti ad esse, falle morire dando loro calore. Nell’inspirazione immagina o senti il tuo respiro muoversi in quell’area tenera e abbandonata, infondi in essa vita e amore. Riempi le aree di non conforto del tuo corpo con l’ossigeno, con calore e con dignità. Non cercare di “guarire” le sensazioni, o anche solo di “lasciarle andare”. Esse vogliono essere incontrate, onorate, incluse nella scena presente. Diamo per scontato che anche il disagio abbia una sua intelligenza; e che non è “contro” di te. Sappi che la vera gioia non è l’assenza né l’opposto di tristezza o dolore, ma la voglia di abbracciarli entrambi.

6) L’ACCETTAZIONE NON E’ QUALCOSA CHE «FAI», MA CIO’ CHE SEI

Accettazione non significa che un pensiero o una emozione sgradevole scompariranno; potrebbero accompagnarti ancora per un po’. Non cercare di accettarli ( perché questo atteggiamento è spesso resistenza travestita) ma sii consapevole che sono GIA’ accettati, già qui, già parte dello scenario. Trattalo come se forse potesse restare per sempre lì! Questo può aiutarti a ridurre la pressione del tempo (cercare di farlo andare via, o chiedersi “perché è ancora qui”). È qui ora. Inchinati davanti a QUESTA realtà. Sii curioso. Permetti a ogni urgenza, ogni sentimento di frustrazione, di noia, di disapprovazione o anche disperazione, di sorgere e di essere abbracciato e incluso. Sono tutti parte della scena presente, non bloccarli. Anche la sensazione di blocco fa parte della scena!

7) NON C’E’ ALCUN «SEMPRE» E ALCUN «MAI»

In realtà, non c’è “sempre” e non c’è “mai”. Sii consapevole di queste parole, sono bugie, e possono creare una sensazione di fretta e di mancanza di potere; nutrono la storia della ricerca e della mancanza. Non c’è alcun “resto della mia vita”, nessun “per anni”, nessun “per tutto il giorno”. C’è solo l’ORA, il tuo unico luogo di potere. A volte anche pensare al domani è davvero già troppo lavoro. Sii qui.

8) PUOI ARRIVARE «LA’» SOLO ESSENDO «QUI»

Spesso ci concentriamo così tanto nella meta, nella destinazione che dimentichiamo il viaggio, ci disconnettiamo da ogni prezioso passo, e creiamo stress, il senso che non “siamo ancora lì”. Eppure la gioia può essere scoperta nel qui e ora, e non ha nulla a che vedere con mete, destinazioni, o col ricevere ciò che vuoi. Togli l’attenzione dai diecimila gradini che devono ancora arrivare, i diecimila gradini che non hai ancora camminato, le diecimila cose che mancano ora, e ricorda i gradini presenti, questo antico terreno vivido, la tua intima presenza. Respira. Senti la vita nel tuo corpo. Spesso non sappiamo dove siamo diretti, ed è perfetto così. Diventa amico dell’incertezza, del dubbio, della trepidazione che senti; impara ad amare questo luogo sacro della non risposta. È vivo, creativo, e pieno di potenziale.

9) ABBRACCIA LA TUA INSICUREZZA, E’ PERFETTA ANCHE LEI

Se prendi atto del fatto che sei perduto in una storia, che sei disconnesso, che hai dimenticato il momento, celebra. Ti sei appena svegliato da un sogno. Una più grande intelligenza è viva in te, un potere per realizzare e connettersi. Sei appena uscito da milioni di anni di condizionamenti. Non punire te stesso per dimenticare, ma celebra la tua capacità di ricordare! Al momento non importa che tu abbia dimenticato! Dimenticare è una perfetta scena del film. Permettiti di dimenticare, a volte! Lascia che il viaggio ti renda umile, piuttosto che cercare di essere “perfetto”. Dubbio, fallimento e disillusione saranno amici fidati e costanti lungo questo percorso senza sentiero. Non c’è destinazione nella presenza, nessuna immagine di “successo” da vivere. Non puoi sbagliare quando non c’è nessuna immagine di ciò che è “giusto”.

10) SMETTILA DI FARE PARAGONI, TU SEI LA VITA STESSA!

Sei unico; il tuo percorso è totalmente originale. Potremmo tutti essere espressioni dello stesso oceano di consapevolezza, ma allo stesso tempo, siamo un’unica espressione di quell’oceano, totalmente unico nel nostro movimento di onde! Non paragonare te stesso con nessun altro! Quando cominci a fare paragoni, svaluti la tua unicità, il tuo regalo insostituibile, i tuoi talenti e verità e ti disconnetti dalla tua unica esperienza presente. Non paragonare questo momento con nessuna immagine di come potrebbe, dovrebbe, o potrebbe essere stato. La guarigione è possibile quando dici Sì a dove sei, anche se non è dove hai sognato di essere “Ora”. Fiducia, e fiducia a volte significa che non puoi fidarti. Forse anche la tua incapacità di fidarti può essere degna di fiducia qui, e anche il sentimento che non puoi contenere il momento, è di per se stesso già abbracciato dal momento stesso…

Jeff Foster

MASARU EMOTO – Il potere delle parole

 

mare

 

Una delle ultime interviste rilasciate in Italia da Masaru Emoto, il grande ricercatore giapponese, scomparso nel 2014 fa e noto in tutto il mondo per i suoi studi sulla memoria e la coscienza dell’acqua. Ecco il suo pensiero sulla creazione, sull’amore, sulla gratitudine, sulla comunicazione con Dio e sulla pace del mondo che verrà Ho incontrato Masaru Emoto in occasione di una delle sue ultime visite in Italia, poco prima della scomparsa avvenuta, a settantun anni, nell’ottobre 2014. In quell’occasione ho avuto l’onore di raccogliere una sua intervista che oggi suona quasi come un testamento morale e spirituale e che sono lieta di condividere con voi, per non dimenticare il suo genio, la sua saggezza, ma anche la sua grande ironia. Domanda: Professore, lei sostiene che l’universo è stato creato dal suono. È lo stesso concetto dei Vangeli, nei quali si legge “in principio era il Verbo”. Risposta: Esattamente; ed esistono otto milioni di suoni nell’universo a cui corrispondono otto milioni di divinità. Solo che i suoni armonici generano energia creativa, mentre i suoni disarmonici generano energia distruttiva. D: Quindi non è vero secondo lei che nell’universo esiste un’armonia fondamentale? R: Bisogna mettersi l’anima in pace su questo, perché se al mondo vi sono delle disarmonie che determinano le liti fra suocere e nuore o le guerre fra nazioni diverse, è in virtù di una legge della fisica. Anche se il conflitto si crea però, il desiderio di Dio è che le cose siano armoniche. Tuttavia bisogna accettare che esista la disarmonia come contrappeso all’armonia. Masaru Emoto ha messo a punto una tecnica originale che consiste nel fotografare i cristalli ottenuti dal congelamento di acqua sottoposta a vibrazioni di parole, brani musicali, ma anche pensieri ed emozioni. L’acqua dimostra di essere in grado di registrare tale vibrazione, definita in giapponese “hado”. I risultati degli esperimenti condotti dimostrano che i cristalli d’acqua modificano la propria struttura proprio in relazione ai messaggi che ricevono. L’acqua sottoposta a vibrazioni di parole e pensieri positivi forma cristalli armonici e meravigliosi, mentre l’acqua sottoposta a vibrazioni negative reagisce creando strutture disarmoniche. D: È d’accordo con chi ritiene che l’essere umano sia il massimo della perfezione in natura? R: Quando mi guardo allo specchio mi dico che è proprio così! (ride). Siamo stati progettati da un insieme di parole bellissime. Per questo quando pronunciamo parole terribili, anche nella società le cose vanno male. La scelta delle parole è molto importante e bisogna fare molta attenzione alle parole che usiamo, ad esempio, anche quando si danno istruzioni ai bambini… D: Quali sono secondo lei le parole più importanti? Amore e gratitudine. Non a caso il cristallo d’acqua che si crea pronunciando queste parole è bellissimo. R: Sono queste dunque le parole bellissime che ci hanno generati? D: Io ho intuito l’intenzione di Dio nel creare l’universo, veramente una grande intenzione. La parola Amore corrisponde allo Yang (il principio maschile, attivo). La parola Gratitudine corrisponde invece allo Yin (principio femminile, passivo). Questo è anche il rapporto che c’è fra fuoco e acqua o fra uomo e donna. E anche nella formula chimica dell’acqua “H2O”, la H sta per lo Yin e la O sta per lo Yang. Il che significa che si può avere tutto l’amore del mondo, ma se non c’è gratitudine, non vi può essere energia. È quando l’amore viene espresso con gratitudine che nasce l’energia. Anche la vita è amore, mentre la morte è gratitudine. Per questo bisognerebbe morire ripetendo la parola grazie. Non siamo ancora riusciti a capire bene cosa sia l’acqua D: Come mai molti di noi non riescono a comprendere questo? R: Perché ancora non siamo riusciti a capire bene che cosa sia l’acqua. Al contrario dei vegetali, che invece lo sanno bene. I vegetali non scordano mai le parole di gratitudine ed è per questo che il mondo vegetale è così incredibilmente bello! Gli esseri umani invece ancora non esprimono la gratitudine come dovrebbero, perciò l’amore non arriva spesso a creare. D: Questo riguarda anche il nostro organismo? La nostra salute fisica? R: Certamente. Il sistema immunitario in particolare nasce proprio dall’incontro fra amore e gratitudine. Amore + gratitudine = immunità. D: Così come il nostro sistema immunitario, da quello che si sente in giro, anche il sistema immunitario della Terra è alquanto indebolito invece in questi nostri tempi controversi… R: Il mondo attraversa un momento terribile; stiamo facendo la guerra nel ventre di nostra madre e stiamo facendo molto male. Calamità naturali e terrorismo sono infatti le conseguenze dell’indebolimento del sistema immunitario della Terra, il quale che sta arrivando davvero ai minimi termini. D: Che fare per recuperare questa situazione? R: Occorre inviare amore e gratitudine alla Madre Terra. D: Può spiegarci in che modo? R: Ricordate la formula di Einstein E = mc2. Questa formula può essere letta anche come: M = Massa = numero di persone nel mondo; C = qualcosa di tanto veloce quanto la luce = la Coscienza Umana, elevata alla potenza Letta così, la famosa formula della relatività ci dice che tutta l’energia è creata dalla consapevolezza umana. Pare però che il DNA attivo sia pari solo al 3 % del totale, il che significa che la nostra consapevolezza è appunto del 3% rispetto a quello che potrebbe essere. Ecco perché siamo in pericolo e in grave crisi. Quello che dobbiamo scoprire è la parte dell’iceberg che si trova ancora sott’acqua. E sapete chi sarà ad illuminare questa parte nascosta, che si trova ancora nell’oscurità? D: No. Ce lo dica lei, professore! R: Sarà la gente comune, saremo tutti noi in realtà a farlo. Ciò che si trova in superficie è monopolizzato dai potenti e dagli scienziati. Ma ciò che va sviluppato è proprio il nostro approccio all’acqua, poiché la vera natura dell’acqua, la quintessenza, è direttamente correlata alla gente comune. D: Ci spieghi meglio, come avverrà questo processo di sviluppo? R: Entro breve tempo l’acqua diverrà protagonista nella consapevolezza della gente, anche se ovviamente i potenti non vogliono che ciò accada. Questo è il motivo per cui chi fa ricerche sull’acqua viene messo a tacere e ignorato dall’informazione, perché la consapevolezza è uguale al DNA ed è qualcosa che tutti abbiamo ricevuto da Dio. Il DNA consiste infatti nelle informazioni che abbiamo ricevuto direttamente da Dio. D: Come possiamo fare dunque per attivarlo? R: Certamente non tramite lo studio. È stato scoperto che nel DNA c’è una colonna d’acqua. Quindi le due eliche che lo compongono potrebbero rappresentare il padre e la madre, ma questa colonna d’acqua che vi è al suo centro, io credo prosegua dritta proprio fino a Dio. Michelangelo, dipingendo il dito di Dio e quello dell’uomo, ebbe secondo me una grande intuizione. Fra dito di Dio e quello di Adamo infatti non vi è contatto nel dipinto del Giudizio Universale. La mia spiegazione è che il collegamento fra i due sia in realtà l’acqua, il più potente conduttore di informazioni che esista in natura. D: Vi sono persone nella storia che hanno colmato questa lacuna e creato questo collegamento fra loro stesse e il Divino? R: Cristo, Buddha, Maometto certamente lo hanno fatto, ma ciascuno ha il proprio sistema personale per accedere tali informazioni. Il mistero del DNA e della colonna d’acqua che ci collega a Dio D: Il suo sistema qual è? R: Io non faccio meditazione, né yoga, però ho scoperto l’acqua come collegamento. Amore e gratitudine, acqua e rispetto, creano il DNA. Io non leggo libri, non faccio studi specifici, e se è per questo, non vedo più nemmeno dall’occhio sinistro, tuttavia ho capito che il “collegamento” con Dio sono io stesso. D: Quindi non servono tecniche, o un training particolare? R: Niente di tutto ciò, state tranquilli. Basta solo amare, fidarsi ed essere grati all’acqua di cui siamo fatti, dalla quale ci arrivano tutte le informazioni divine necessarie in ogni momento. D: Nel 2005 lei è stato chiamato a parlare alle Nazioni Unite e ha esposto il suo progetto di pace per il mondo che passa proprio attraverso l’acqua. Di che si tratta esattamente? R: Due anni prima mi era nato un nipotino. Fino a quel momento avevo sempre pensato che la pace del mondo fosse qualcosa di impossibile da realizzare e che non eravamo in grado di farlo. Ma quando ho stretto quel bimbo fra le braccia, mi sono domandato se il futuro per lui andasse bene così e mi sono risposto di no. Ho capito allora che bisognava cambiare le cose e dare speranza al futuro. Perciò è importante insegnare ai bambini che cos’è l’acqua. Anch’io in fondo sono un bambino ed è per questo che riesco a capire l’acqua, perché gli unici che la comprendono davvero sono proprio i bambini. Insegnando e trasmettendo loro l’importanza dell’acqua, avremo dunque anche noi la possibilità di avere un futuro. Sarà la filosofia dell’acqua che in futuro diverrà qualcosa di centrale e che porterà finalmente la pace.

fonte :  Cammina nel Sole

 

La pecora nera della famiglia

la pecora nera

Le cosiddette “pecore nere” della famiglia sono in realtà ricercatori di cammini di liberazione per l’albero genealogico. I membri dell’albero che non si adeguano alle norme o alle tradizioni del sistema famigliare, coloro che fin dall’infanzia hanno costantemente cercato di rivoluzionare le credenze, andando contro i sentieri segnati dalle tradizioni famigliari, e questi, giudicati e persino respinti, di solito sono richiamati a liberare l’albero dalle storie ripetitive che hanno frustrato intere generazioni.
Le “pecore nere”, quelle che non si adattano, quelle che gridano la loro ribellione, hanno un ruolo fondamentale in ogni sistema famigliare, riparano, disintossicano e creano un nuovo ramo pieno di fiori nell’albero genealogico. Grazie a questi membri, i nostri alberi rinnovano le loro radici. La loro ribellione é terreno fertile, la loro follia acqua che nutre, la loro testardaggine é aria nuova, la loro passione é il fuoco che riaccende il cuore degli antenati. Innumerevoli desideri repressi, sogni non realizzati, talenti frustrati dei nostri antenati, si manifestano nella ribellione di queste pecore nere che cercano di realizzarsi.
L’albero genealogico, per inerzia, vuole continuare a mantenere l’andamento castrante e tossico del suo tronco, il che rende il compito delle nostre pecore, difficile e conflittuale. Ma chi porterebbe nuovi fiori sul nostro albero, se non loro ? Chi creerebbe nuovi rami ? Senza di loro, i sogni non realizzati di coloro che sostengono l’albero delle generazioni passate, sarebbero sepolti sotto le loro stesse radici. Che nessuno ti faccia dubitare, abbi cura della tua “rarità” come il fiore più prezioso del tuo albero. Tu sei il sogno realizzato di tutti i tuoi antenati.

Bert Hellinger

LE MOUTON NOIR DE LA FAMILLE

Les soi-disant “moutons noirs” de la famille sont en fait des chercheurs de chemins de libération pour l’arbre généalogique. Les membres de l’arbre qui ne s’adaptent pas aux normes ou aux traditions du système familial, ceux qui, depuis tout petits, cherchaient constamment à révolutionner les croyances, allant à l’encontre des chemins marqués par les traditions familiales, ceux-là, critiqués, jugés et même rejetés, sont généralement des appels à libérer l’arbre d’histoires répétitives qui ont frustrés des générations entières.
Les “brebis noires”, celles qui ne s’adaptent pas, celles qui crient leur rébellion , jouent un rôle de base dans chaque système familial, elles réparent, désintoxiquent et créent une nouvelle branche pleine de fleurs dans l’arbre généalogique. Grâce à ces membres, nos arbres renouvellent leurs racines. Sa rébellion est terre fertile, sa folie est eau qui nourrit, son entêtement est air nouveau, sa passion est le feu qui rallume le cœur des ancêtres. D’innombrables désirs réprimés, de rêves non réalisés, de talents frustrés de nos ancêtres se manifestent dans la rébellion de ces moutons noirs cherchant à se réaliser.
L’arbre généalogique, par inertie, veut continuer à maintenir le cours castrateur et toxique de son tronc, ce qui rend la tâche de nos brebis difficile et conflictuelle. Mais qui apporterait de nouvelles fleurs à notre arbre, sinon elles ? Qui créerait de nouvelles branches ? Sans elles, les rêves non réalisés de ceux qui soutiennent l’arbre des générations en arrière seraient enterrés sous leurs propres racines. Que personne ne te fasse douter, soigne ta “rareté” comme la fleur la plus précieuse de ton arbre. Tu es le rêve réalisé de tous tes ancêtres.

Eveil – “Le grand divorce” di Jeff Foster

 

wolfgang tillmans
photo Wolfgang Tillmans

 

Lorsque tu t’éveilles, ce qui disparaît est ton intérêt pour le maintien d’une «image» cohérente. Tu sais, l’image ne peut jamais, jamais être qui tu es vraiment. Le «bon», le «gentil», le «sage», et même l’«éveillé», illusion que tout cela, profondément insatisfaisant. Tu es éveillé. Tu es en vie. Tu es indéfinissable. Tu es la vie. Rien d’autre ne compte. Chaque image d’un ‘toi ‘ ‘incinérée dans le four de la présence. Tu n’as plus peur de dire ta vérité. Tu la dis, non pour blesser ou offenser ou prouver que tu as raison, mais parce que vivre une vie de mensonges et de prétextes écrasait ton esprit et te rendait profondément malheureux. Et ton malheur infectait ton entourage. Les mensonges rendent malade; seule la vérité vivifie. Maintenant, laisse ton « oui » signifier oui, et ton «non» dire non. Et ton «je ne sais pas» être également sacré. Tes proches peuvent se sentir déçus, blessés, tristes, en colère. Ils voudront peut-être le retour du «vieux toi ». Ils peuvent te dire que tu te leurres, que tu es fou, que tu vis dans ta bulle, que tu es égoïste, menteur. Ils peuvent ne plus te parler. Ils peuvent ne plus jamais écouter. Tout est OK. Ils sont sur leur chemin, et tu es sur le tien. Goûte à tes sentiments; accueille tes peine, tes joies. Laisse tes pensées surgir et se dissoudre comme des nuages dans le ciel. Tu n’as jamais été ici pour être populaire, aimé, admiré, accepté. Personne n’a à marcher avec toi. Les insultes font partie du jeu. Tu découvres chaque jour qui sont tes vrais amis. Tu découvriras aussi ta véritable famille, ton authentique source de soutien, même si tu dois marcher loin des « tiens » pendant un certain temps, ou pour toujours. Les vieux amis peuvent disparaître aussi. Pardonne-leur : leur malheur ne te regarde pas. Et ton bonheur n’est pas leur responsabilité. Cela va prendre du courage et la capacité d’être présent. Pour respirer. Pour sentir tes pieds sur le sol. Pour savoir que tu n’as pas d’autre choix que de vivre. Tu t’affranchis de générations et de générations de culpabilité et de blâme. Tu n’aurais jamais pu être ce qu’ils voulaient que tu sois. Ton échec était ta victoire. Il se peut que tu aies peur, que l’avenir te semble incertain maintenant, mais tu ne t’es jamais senti aussi vivant, aussi sauvage et libre, aussi plein de potentiel.

Jeff Foster – La divine pagaille

 

 “La femme est l’initiatrice de l’homme”

bella dama
  Les femmes ont une chance inouïe, certifie Jacqueline Kelen, passionnée par les mythes et les symboles : elles sont porteuses d’amour ; de cet amour sacré capable de révéler les hommes à eux-mêmes et de transfigurer le monde.

– Être femme est une chance pour vous ou vous arrive-t-il de le regretter ?
J’ai toujours trouvé qu’il était magnifique d’être une femme. Non pas que ce soit une catastrophe d’être un homme, ni une infériorité… […] Selon que l’on est homme ou femme, notre mission diffère et il m’apparaît de plus en plus que celle de la femme est d’être la gardienne de l’Éternel par la voie de l’amour. La femme est une passeuse d’amour et elle incarne, ou du moins peut, au mieux d’elle-même, incarner cette verticalité qui relie l’être humain à Dieu.

– Qu’est-ce qui vous fait dire que c’est là sa mission ?
Cela ne s’explique ni rationnellement ni biologiquement, ni même psychologiquement. C’est une question d’intuition et d’expérience. Il est troublant, pourtant, de voir que tous les grands mythes légués par les traditions les plus anciennes, ceux de la civilisation égyptienne et avant elle, il y a 6000 ans, de la civilisation sumérienne ou de la Chine antique, se rejoignent pour décrire la femme comme la “Porte du ciel” ou l’intermédiaire entre le ciel et la terre. C’est elle qui est la dépositaire des secrets célestes, par elle que l’être humain peut retrouver la trace de la divinité…

– D’où lui viendrait cette mission, selon vous ?
De sa nature même. Aujourd’hui, beaucoup de femmes se sentent en éclat, morcelées. Elles se demandent comment concilier leur vie de mère, d’épouse et de femme qui travaille mais il me semble que ce malaise vient d’une confusion entre les rôles sociaux, familiaux et professionnels et le moi profond de la femme. À force de s’éparpiller à travers toutes ses fonctions, la femme a un peu perdu contact avec elle-même, avec sa nature féminine. Les féministes de la première heure contesteraient violemment cette notion de nature féminine… Mais, pour moi, ce qui fait le fondement même de l’éternel féminin, c’est la capacité qu’a la femme à aimer, sa faculté de transfigurer le monde visible et de montrer qu’il peut prendre une autre dimension grâce à l’amour qu’elle incarne.

– Manifestement, vous donnez au mot amour un sens très fort qui n’est pas forcément celui que tout le monde reconnaît…
Nous réduisons trop souvent l’amour à sa dimension psychologique. Si notre époque est malheureuse c’est peut-être, justement, parce qu’elle se fourvoie en rabaissant sans cesse l’amour au niveau de la psychologie.
Le sentiment amoureux est de cet ordre, tout comme la jalousie, la possession ou cette forme d’amour que l’on oppose à la haine… Chacun de ces sentiments relève du mental et de la psyché, un domaine obscur, compliqué, toujours en proie à des remous et des tourments… Mais l’amour dont je parle est synonyme de sacré et quand on le vit, on entre dans une dimension d’éternité, de pure offrande et de pure louange. Il ne s’agit pas là d’une formule, mais d’une expérience dont témoignent tous les mystiques et que l’homme et la femme peuvent connaître dans l’acte amoureux: dans les moments de ravissement de l’amour, nous prenons conscience que notre véritable nature est la joie et que nous sommes, par essence, des êtres d’allégresse.

– Ne craignez-vous pas de choquer en mettant sur le même plan la relation physique entre un homme et une femme, et la spiritualité ou l’expérience mystique ?
Si j’en choque certains, c’est parce que nous voyons tout en termes antinomiques: on a voulu séparer le corps et l’esprit comme si la spiritualité était d’ordre mental. Comme si elle impliquait de renoncer aux sensations, aux émotions et à la plus belle chose qui soit en ce monde: le désir. Ce serait une spiritualité d’eunuque. Si nous sommes vivants, nous sommes dans ce corps qui nous a été donné et l’amour, alors, passe par lui. Or, peut-être parce que la femme a la possibilité d’héberger en elle un enfant, elle est moins portée que l’homme à dissocier le corps et l’âme. Elle a gardé plus que lui le souvenir que le corps est sacré et qu’il est infiniment précieux. Elle reste la mémoire de ce lieu de plénitude et de lumière qu’est le paradis…

– Mais n’est-ce pas une femme, Eve, au contraire, qui a fait chasser l’homme du paradis ?
On a beaucoup calomnié Eve et on lui a fait un fort mauvais procès car Eve, en réalité, signifie la vivante. Or, s’il est une caractéristique féminine par excellence, c’est bien cette qualité de vivante. C’est à elle que la Femme, dans les femmes que nous sommes, doit sa dimension d’initiatrice auprès de l’homme. Une initiation qui n’a rien à voir avec le kamasutra ou les jeux sexuels… C’est la Shakti qui danse sur le corps de Shiva dans la tradition hindoue, la femme qui danse sur le corps de l’homme dans les traditions antiques… Dans l’acte amoureux, la femme fait cadeau à l’homme de son corps à lui, elle lui donne le sens de son corps à lui. Il est rare, en effet, que l’homme ait un contact juste et amical avec son corps. Même un sportif ou un homme très actif n’est pas vraiment dans son corps. Il n’éprouve aucune reconnaissance à son égard. Mais dans l’étreinte, l’homme prend conscience que son corps est infiniment plus qu’un corps. Il s’éveille à cette dimension d’éternité où tout se rejoint, le corps, l’esprit et l’âme, le ciel et la terre, ici et là-bas…

– Face à cette femme éternelle que vous évoquez, capable d’éveiller l’homme à la vie et à lui-même, comment voyez-vous les femmes d’aujourd’hui ?
La plupart n’ont pas conscience de la puissance d’amour dont elles sont porteuses. Elles cherchent à être désirées, aimées, chouchoutées, toutes choses qui sont très agréables et extrêmement importantes sur le plan humain mais qui n’engagent pas leur nature profonde… Elles devraient retrouver le rôle que jouait au XIIème siècle la dame courtoise vis-à-vis du troubadour, celui qu’incarne la dame à la licorne que nous voyons au musée de Cluny à Paris: ce n’est pas la femme qui demande à l’homme de rester auprès d’elle, de faire couple, et d’avoir des enfants avec lui. C’est celle qui tend à l’homme un miroir et qui l’invite à se hisser jusqu’au plus beau, au plus rare de lui-même; celle qui lui murmure qu’il doit se mettre au monde et découvrir en lui cet être de lumière qu’il est fondamentalement. C’est un rôle à la fois douloureux et exaltant: il lui faut sans cesse rappeler à l’homme qu’il ne doit pas se contenter d’être un bon père, un bon époux et un homme d’affaires -ce qui va de soi au demeurant- mais qu’il est aussi un pèlerin de la sagesse et qu’il ne doit pas oublier son âme…

– Pensez-vous que les femmes renoueront un jour avec leur mission spirituelle ?
Oui, parce qu’elles continuent malgré tout d’incarner l’amour. Encore aujourd’hui, celui-ci reste l’enjeu de leur vie comme il l’a été de tout temps et dans toutes les sociétés. Au nom de l’amour, la femme est prête à brûler tous ses vaisseaux et à prendre tous les risques, alors que l’homme se réserve. Les hommes sont très forts pour débattre d’idées, de politique, d’économie ou de technique mais ils ont des réticences à s’impliquer. Ils ont un mal fou à parler de leurs émotions et s’accrochent à des concepts. L’homme moderne, efficace, rentable, matérialiste se réfugie dans un monde cérébral auquel beaucoup de femmes se laissent prendre aussi, du reste. Pourtant, même si elles ne voient pas toujours son caractère sacré, vous remarquerez que c’est toujours les femmes qui parlent d’amour, comme c’est toujours elles, d’ailleurs, qui témoignent du corps. Moi je m’en aperçois constamment dans les conférences et les colloques: même sur des sujets scientifiques, les femmes ont une parole beaucoup plus incarnée. Elles parlent du lieu de leur corps et de leur coeur. Leurs propos sont à la fois sensuels, charnels, violents aussi peut-être mais toujours vibrants d’émotion et de vie.

– Voyez-vous dans le fait que l’on valorise davantage aujourd’hui les valeurs féminines un espoir pour notre société?
L’espoir, je le vois plutôt dans cette puissance capable de tout transfigurer qu’est l’amour. Les mystiques n’ont cessé de le dire : l’amour est tout. C’est lui qui crée les mondes. Lui qui nous a suscité et nous a fait émerger. Sans lui, nous tombons en poussière. Ce n’est pas une relation entre deux êtres, entre un homme et une femme ou une femme et un enfant; c’est ce qui permet toute relation. L’amour est la finalité même de l’univers. Et si nous avions davantage conscience que l’amour circule en nous comme le sang dans nos veines, je pense que nous serions infiniment plus respectueux de nous-même, de notre corps et des autres. Nous aurions aussi davantage de gratitude envers la vie, car la vie est un cadeau de l’amour.

Propos de Jacqueline Kelen recueillis par Anik Doussau.
Diplômée de lettres classiques et productrice à France Culture, Jacqueline Kelen a publié de nombreux ouvrages dont :
L’Eternel masculin (Traité de chevalerie à l’usage des hommes d’aujourd’hui )

 

Da “Dialoghi con l’angelo”..

allegory of good government 1338
Giotto di Bondone

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

scritti
Da “Dialoghi con l’angelo” trascritti da Gitta Mallasz

La vostra esistenza è sogno ma anche il sogno è preparazione. Chi ha dormito abbastanza si sveglia da solo. Prima della nascita il bimbo sogna anch’egli della luce del giorno nel ventre di sua madre. Se non sognasse non potrebbe nascere. Ma ogni sogno diverrà realtà. Anche il sogno è fede.

L’oro è il metallo più inutile. Il suo valore è la fede che gli uomini in esso ripongono. L’uomo ripone la sua fede in ciò che è nato dalla terra. Lascia cadere l’oro, ti appesantisce, nel Nuovo Paese non ci sarà oro ma Luce. Non potrai ricevere la nuova sfera se ti aggrappi all’antica.

Se sentite il peso dell’oro siete sulla buona via, perché chi porta l’oro non ne sente il peso finché ci crede. L’uomo non è la corona della creazione perché ogni corona è d’oro. L’Uomo è l’Anima della creazione.

Trasformazione, combustione. Solo l’uomo può accendere il fuoco. Appicca il fuoco al superfluo.

Come riconoscere il “più del necessario” che appesantisce? Il bagaglio che ti appesantisce è l’attaccamento. Non vi legate a niente. L’attaccamento lega al vecchio ma voi non ne avete bisogno. Siete stati inviati per colmare la carenza. Vi trovate di fronte ad un essere umano, sentite ciò che gli manca e ne soffrite. Perché ogni carenza non è bene.

Ogni organo del tuo corpo è l’immagine di una forza dell’universo e da essa riceve la sua forza. Il battito del cuore dell’universo è tutt’uno con il battito del tuo cuore. Ma se le forze non hanno un compito, tutto è vano. Esistenza senza scopo è il caos. Malattia, caos anch’essa.

Il corpo è in piccolo l’immagine dell’universo.
Riconoscere il compito è creazione, imbuto.

Se hai dieci chicchi di grano non puoi darli a venti persone, il chicco non germina se lo tagli. (Bisogna essere capaci anche di dire no, non si può sempre aiutare tutti!) Se li semini saranno presto cento.

La mente non può elevarsi fino al cielo perché è di questo mondo. La mente si ferma là dove comincia la fede. Che il miracolo non sia in te ma attraverso di te, perché tu non sei fiore ma Primavera.

Il desiderio non è solo sentimento, è segno della distanza. Vi è una distanza fra te e te.

Cos’è la salute? Equilibrio. Se si spezza, vi è lacuna.
Non viene mai dal corpo; solo nell’animale ma non più nell’uomo.

Quali sono i 7 centri dell’uomo? Quali funzioni hanno?
3 sono il mondo creato, 3 il mondo creatore. Nel mezzo il ponte, ma non è il sapere. L’uomo è i 7 insieme.

Cos’è il “di più” nella funzione degli organi? Il bimbo nato dal corpo è quel “di più”. Solo è “di più” ciò che diviene indipendente. Tutto il resto è sperpero. La ragazza dà corpo alla propria bellezza nel suo bimbo e non quando si trucca e non ha figli.

Che cosa è la follia? La forza sacra che langue in prigione.

Cos’è il nervosismo? Un esercito senza capo. Tutto è confuso, tumulto. L’esistenza senza scopo, ecco il nervosismo.

Cos’è il riposo ? Preparazione. Quando non è preparazione è mollezza, è morte.

Cos’è il Karma? Una frusta per fustigare sé stessi.

Cos’è la mente? Non ciò che guida ma ciò che è guidato.

Cos’è il cuore? Il santuario dei santuari. Il luogo dove Egli abita. Il luogo della Grazia, il Calice. Cosa abita qui? (additando la fronte). La vista futura.

Che cos’è il movimento? Ciò che esiste di più grande. L’atto liberamente accettato è movimento. La mano che aiuta, l’occhio che splende, questo è movimento. Sai tu cosa è che mette in movimento ? Pronuncia questa parola: “ACCETTO”. La vera parola sale fino al Suo Volto e ridiscende su di te con forza.

Cos’è il ritmo? Prima fu il ritmo poi il canto.Vi è ritmo senza canto ma non canto senza ritmo. Ritmo: corpo. Melodia: anima. Con il ritmo crei, con il ritmo distruggi. Il nuovo orecchio lo ode.

Che cos’è la resistenza? Nel mondo creato è lo stimolante per il “di più”. Dio non vi resiste siete voi che Gli resistete.

Che cos’è l’elasticità? La condizione della vita, la resistenza giusta. Il rigido non può resistere. Quello che per te è elasticità nel Nuovo Mondo è forza, vibrazione. Lo statico, il rigido non sono mai forza. Solo il movimento è forza.

Qual è il vero dono di sé? E’ meraviglia! La melodia più bella. Il migliore dei profumi, la più chiara luce, tutto sale fino al Suo soglio.

Sapete cos’è il bello? L’atto del buon servitore, ciò che è più del necessario. Il corpo si muove – è necessario. La danza è il di più, e se davvero è danza – è il bello. Il nuovo mondo non può essere costituito che di bellezza.

Se Lui è grande in te ogni compito è piccolo, minimo, facile.

Trattenere la forza ecco la causa di tutte le malattie.
Anche il peccato è malattia.

La parola è sacramento, la quarta manifestazione. Il ponte fra la materia e lo spirito è LA PAROLA. Le parole false, malvagie corrompono i 3 piani inferiori, è la malattia. Ma la parola può elevare, può liberare. La parte istintiva dell’uomo può unirsi all’angelo a patto che l’uomo sia il ponte sopra l’abisso che li separa. Se siete uniti è in piccolo la forza creativa, l’armonia, il terreno di tutti i miracoli. Se la tua voce risuona pura, senza menzogna, senza deformazione, senza intenzione, se non la falserai così soltanto servirai l’armonia.

Colui che aiuta è il ponte fra colui che è aiutato e l’Aiuto Eterno, ma solo per il tempo necessario.

Importante è la GIOIA. Un solo luogo dove trovate la gioia al di là della persona. All’interno di essa non vi è GIOIA.

Colui che ha Fede ha il suo maestro. E la fede è la Sua Forza.
Se credi che io abbia una voce, riesco a parlare. Se non lo credi, sono muto. Se credi che io sia te, lo sarò. Questa è Fede riposta in Alto. Puoi riporre la tua fede anche in basso, dipende da te.
Ma noi scendiamo attraverso la vostra fede perché la fede è il ponte. Voi siete templi. Voi Lo accogliete ma invano se non accogliete i non liberati. Così come accogliete così sarete accolti dal Padre. Il tempio non sceglie, il tempio accoglie. Non aver paura di aprire le porte del tempio. Il tempio è già puro.

Silence

bella con neve

 

Silence is our real nature. What we are fundamentally, is only silence. Silence is free from beginning and end. It was before the beginning of all things. It is causeless. Its greatness lies in the fact that it
simply is.

In silence all objects have their home ground. It is the light that gives objects their shape
and form. All movement, all activity is harmonized by silence.

Silence has no opposite in noise. It is beyond positive and negative. Silence dissolves all objects. It is not related to any counterpart which belongs to the mind. Silence has nothing to do with mind. It cannot be defined but it can be felt directly because it is our nearness. Silence is freedom without restriction or center. It is our wholeness, neither inside nor outside the body. Silence is joyful, not pleasurable. It is not psychological. It is feeling without a feeler. Silence needs no intermediary.

Silence is holy. It is healing. There is no fear in silence. Silence is autonomous like love and beauty. It is untouched by time. Silence is meditation, free from any intention, free from anyone who meditates. Silence is the absence of oneself. Or rather, silence is the absence of absence.

Sound which comes from silence is music. All activity is creative when it comes from silence. It is constantly a new beginning. Silence precedes speech and poetry and music and all art. Silence is the home ground of all creative activity. What is truly creative is the word, is Truth. Silence is the word. Silence is Truth.

The one established in silence lives in constant offering, in prayer without asking, in thankfulness, in continual love.

Jean Klein